Le cycle trésorerie regroupe tous les comptes liés à la gestion de l'argent de l’entreprise. Ce dernier inclut notamment :
- Les comptes d’emprunts (164)
- Les comptes courants d’associés (455)
- Les comptes de banque (512)
- Les comptes d’encaissements/décaissements :
Par la caisse (53)
Par les remises en carte bancaire (511*)
Par les remises en chèque (511*)
- les intérêts payés sur les emprunts (6611) et/ou sur les comptes courants d’associés (6615)
- les assurances sur les emprunts (616*)
- les intérêts reçus sur les comptes courants d’associés (7611)
- les valeurs mobilières de placement (50*)
- les virements internes (58)
- les dépôts et cautionnements reçus (165)
Concernant les emprunts :
Il faut s'assurer que :
- Le solde du compte 164* (capital de l'emprunt) cadre avec le capital restant dû (à date de clôture) du tableau d'amortissement fourni par le client. Ce compte fait partie du passif du bilan.
- Le solde du compte 6611* (intérêts de l'emprunt) cadre avec le montant des intérêts sur le tableau d'amortissement pour l'exercice. Ce compte fait partie des charges du compte de résultat.
- Le solde du compte 616* (assurance de l'emprunt) cadre avec le montant de l'assurance sur le tableau d'amortissement pour l'exercice. Ce compte fait partie des charges du compte de résultat.
- Les intérêts courus N-1 ont été extournés et comptabiliser les intérêts courus N
Intérêts courus :
À la clôture de l'exercice, il est probable que des intérêts soient comptabilisés sur l'exercice suivant mais concernent une partie de l'exercice en cours. Dans ce cas, à la clôture, il faut comptabiliser des intérêts courus (= des intérêts qui courent sur l'exercice en cours). Il faudra débiter le compte d'intérêts 66* (on ajoute de la charge) et créditer le compte d'intérêts courus 1688* pour constater cette charge au bilan.
Ces intérêts courus devront être extournés à l'ouverture du prochain exercice.
Exemple : les intérêts d'une société (clôture 31/12) sont payés mensuellement le 10. Le paiement du 10/01 couvre la période du 10/12 au 10/01. La part des intérêts du 10/12 au 31/12 concerne l’exercice clos et doit donc être constatée en intérêts courus à la clôture.
Pour informations :
Tous les emprunts, en plus d’être enregistrés en comptabilité dans les comptes 164*, sont enregistrés dans un module qui lui sont propres : le module emprunts. C’est là que toutes les informations sur les emprunts sont répertoriées (l'échéancier, la durée, le montant emprunté, le taux...)
- Pour informations :
Tous les emprunts, en plus d’être enregistrés en comptabilité dans les comptes 164*, sont enregistrés dans un module qui lui sont propres : le module emprunts. C’est là que toutes les informations sur les emprunts sont répertoriées (l'échéancier, la durée, le montant emprunté, le taux...)
Concernant les comptes courants d’associés :
- si l'associé est une personne physique, il faut s'assurer que son solde n'est pas débiteur car c'est interdit. Cela signifie que l'associé doit de l'argent à la société. Son solde ne peut être que créditeur (= la société doit de l'argent à l'associé).
Une exception existe pour le compte de l’exploitant individuel (entreprise individuelle, EIRL, etc.), où les retraits personnels peuvent créer un solde débiteur autorisé.
- si l'associé est une personne morale, le solde peut être en revanche débiteur. Qu'il soit débiteur ou créditeur, il faut s'assurer que les comptes soient réciproques entre les sociétés.
La rémunération des comptes courants :
La rémunération d'un compte courant d'associé n'est pas une obligation légale.
Il peut être prévu que cette avance de fonds ne génère aucun intérêt.
Si les statuts ou une convention de compte courant ne prévoient rien, le compte n'est pas rémunéré par défaut.
Dans ce cas, aucune écriture comptable d'intérêts n'est à passer lors de la clôture de l'exercice.
Si les comptes courants sont rémunérés, il faut s’assurer que les intérêts N-1 ont été extournés et comptabiliser les intérêts N.
Rémunération des comptes courants d’associés - constatation des intérêts à la clôture :
- Si des intérêts doivent être versés par la société : débiter le compte 66* (intérêts comptes courants associés) et créditer le compte 4558* (associés - intérêts courus)
- Si des intérêts doivent être versés à la société : créditer le compte 76* (intérêts comptes courants associés) et débiter le compte 4558* (associés - intérêts courus)
À l’ouverture de l’exercice suivant, il faut extourner ces écritures passées :
- Si des intérêts doivent être versés par la société : créditer le compte courant d’associé (pour constater la dette d’intérêt) et débiter le compte 4558* (associés - intérêts courus)
- Si des intérêts doivent être versés à la société : débiter le compte courant d’associé (pour constater la créance d'intérêt) et créditer le compte 4558* (associés - intérêts courus)
Concernant les comptes bancaires :
Le compte de banque (512*) est un compte qui fait partie de l'actif au bilan.
Il faut s'assurer que le solde comptabilisé dans la banque (compte 512*) cadre avec le solde du relevé bancaire à la date de la clôture.
Concernant les comptes d’encaissements et décaissements :
- pour la caisse (compte 53*) il faut s’assurer que le solde comptable correspond au solde de l’état de caisse envoyé par le client.
Le solde de ce compte doit obligatoirement être débiteur (= c'est le montant en caisse) ou nul. S'il est créditeur, cela signifie qu’il a été sorti de la caisse plus d’argent qu’il n’en est rentré = c'est impossible.
- concernant les remises de cartes bancaires et de chèques (comptes 511*), ces comptes devraient, en principe, être soldés chaque mois. Toutefois, il est fréquent qu’ils présentent un solde débiteur à la date de clôture. Dans ce cas, il convient de vérifier que les encaissements comptabilisés en début d’exercice N+1 correspondent bien au solde de clôture. Cela signifie qu’il s’agit d’encaissements rattachés à l’exercice N, mais crédités sur le compte bancaire au début de l’exercice suivant.
Concernant les valeurs mobilières de placement :
503* actions
506* obligations
508* autres VMP (produits structurés…)
Il faut :
- recenser tous les placements (vérifier le type de VMP, la quantité et la valeur) et vérifier qu'ils sont bien comptabilisés
* le solde du compte 50 doit correspondre à la valeur d’achat du placement.
* si plusieurs placements existent, il faut utiliser plusieurs comptes 50*.
- s'assurer que les intérêts courus N-1 ont été extournés et provisionner les intérêts courus N
- compléter le tableau de suivi des VMP (quantité, prix d’achat, valeur actuelle) afin de comptabiliser les potentielles dépréciations et reprises nécessaires
La intérêts courus des VMP :
Les intérêts courus reposent sur un principe simple de logique comptable : l’entreprise doit enregistrer les intérêts qu’elle a déjà gagnés, même si elle ne les a pas encore encaissés.
Par exemple, si une entreprise achète une obligation le 1er octobre qui rapporte 100 euros d’intérêts par an et qu’elle clôture ses comptes au 31 décembre, elle a déjà gagné trois mois d’intérêts, soit 25 euros. Même si cet argent sera reçu plus tard, il appartient déjà à l’entreprise : ce sont les intérêts courus.
À la clôture de l’exercice, ces intérêts courus sont enregistrés en comptabilité :
- débit du compte 5088 - intérêts courus sur VMP
- crédit du compte 764 - revenus des VMP
Cela permet de montrer ce que l’entreprise a réellement gagné sur l’exercice, même si le cash n’a pas encore été encaissé.
À l’ouverture de l’exercice suivant, les intérêts courus constatés à la clôture sont extournés. Lorsque les intérêts sont ensuite versés sur le compte bancaire, ils sont enregistrés au compte 764. Le solde du compte 764 correspond ainsi uniquement à la part des intérêts rattachée à l’exercice N+1.
La dépréciation des VMP :
A la clôture, si la valeur actuelle est inférieure à la valeur comptable, on constate une dépréciation.
Pour cela il faut, pour la perte de valeur :
- débiter le compte 68665 dotations aux dépréciations des VMP
- créditer le compte 590 dépréciation des VMP
Si ultérieurement la valeur du placement remonte, on peut constater une reprise de dépréciation :
- Débit : 590 – Dépréciation des VMP
- Crédit : 78665 – Reprises sur dépréciation des VMP
Concernant les virements internes :
Il faut s’assurer que le compte 58 est soldé
Concernant les dépôts de garantie et cautionnement reçus :
Le compte des dépôts et cautionnements reçus enregistre les sommes d'argent qu'un tiers (client, locataire) confie à l'entreprise pour garantir la bonne exécution d'un contrat. Contrairement à une vente, cet argent n'est pas un revenu définitif : c'est une somme mise en "dépôt" que l'entreprise a l'obligation de rendre à terme.
Le mécanisme du versement :
L'opération repose sur un échange de garanties. Un tiers verse une somme convenue (caution) au moment de la signature d'un contrat ou de la mise à disposition d'un bien.
Dans l'immobilier : Le locataire verse un dépôt de garantie pour couvrir d'éventuels loyers impayés ou des dégradations dans les lieux.
Dans le commerce : Un client verse une somme pour du matériel consigné (palettes, fûts, bouteilles de gaz). Si le client rend le matériel en bon état, l'entreprise lui restitue sa caution.
La nature comptable : une dette de financement :
Même si les fonds sont encaissés sur le compte bancaire de l'entreprise, ils ne lui appartiennent pas juridiquement. Tant que le contrat est en cours, cette somme figure au passif du bilan. Elle représente une dette de l'entreprise envers le tiers
Il est essentiel de ne pas confondre ces sommes avec les "cautions versées" par l'entreprise à ses propres fournisseurs, qui sont, à l'inverse, des créances (un droit de récupérer de l'argent) (compte 275*)
Les enjeux de la révision
Réviser ce poste consiste à s'assurer que le montant inscrit en comptabilité est cohérent avec la réalité des contrats en cours.
- La justification du solde : Le montant global apparaissant au bilan doit pouvoir être détaillé par une liste nominative des déposants. Pour chaque euro comptabilisé, on doit être capable d'identifier quel client ou locataire a versé la somme.
- La vérification des justificatifs : Le montant doit correspondre strictement aux clauses des contrats (bail commercial, conditions générales de vente). Une différence entre le contrat et la comptabilité peut révéler une erreur de saisie ou un oubli d'encaissement.
- Le suivi des remboursements : Lorsqu'un contrat se termine, le remboursement de la caution doit être justifié (départ du locataire, restitution du matériel). Si une caution reste au bilan alors que le tiers n'est plus en relation avec l'entreprise depuis longtemps, il convient de s'interroger sur le caractère définitif de cette somme : si le bien est perdu ou dégradé, la caution peut alors être conservée et transformée en un produit pour l'entreprise.
- Justificatifs à avoir pour la révision :
- Les TAM (tableaux d’amortissements) + contrats des emprunts en cours
- Les relevés de banque de l’année si la banque n'est pas récupérée automatiquement
Sinon, seulement celui du dernier mois afin de cadrer le solde bancaire à date de clôture
- Les relevés de caisse mensuels
- L’état de caisse à date de clôture
- Les relevés des encaissements mensuels
- La réciprocité des comptes courants des sociétés si la révision n'est pas effectuée par le cabinet
- VMP : les relevés de portefeuille titres, les avis d’achat et de vente de titres, les attestations de valorisation des titres à date de clôture.
- Le bail commercial/professionnel ou les conditions générales de ventes en cas de caution/DG reçus
